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Guitton Menuiserie : Une société familiale qui a à cœur de transmettre son savoir-faire à la jeune génération

Il y a deux mois, nous vous parlions de « DUNES », un projet mobilier atypique et éco-responsable créé par les étudiants en design du lycée St Marin quartier Ste Geneviève à Rennes (cf article précédent). Aujourd’hui, nous allons nous intéresser à la société de menuiserie Guitton, située près de Rennes et grâce à qui DUNES a vu le jour. À cette occasion, nous avons interviewé Alban Guitton, l’un des responsables de l’entreprise.

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Une société familiale aux multiples activités

Petit-fils du fondateur de Guitton Menuiserie, Alban Guitton est aujourd’hui responsable de production. Accompagné de sa sœur et de son frère, ils gèrent à eux trois une cinquantaine de salariés soucieux de satisfaire une clientèle composée de particuliers et de professionnels. La société collabore souvent avec des architectes pour la mise en œuvre des projets.

Guitton Menuiserie possède trois activités principales : l’agencement, avec la fabrication de mobilier en mélaminé, médium ou contreplaqué, la menuiserie en bois massif pour la réalisation d’escaliers, volets…et enfin la création de fenêtre en aluminium.

« Je baigne dans la menuiserie depuis tout petit et j’aime tout ce qui tourne autour de ce métier manuel : le travail avec les bois, son odeur, les relations avec les clients… » explique Alban Guitton.

Une société très investie dans sa relation avec les futurs professionnels

Dès le début du projet « DUNES », la société de menuiserie Guitton a accompagné et conseillé les étudiants : une visite des ateliers a été organisée, avec des démonstrations et des essais de machines, afin que les étudiants puissent visualiser l’usinage de leur projet. Ils ont notamment pu observer le fonctionnement du logiciel de modélisation « TopSolid » avec lequel Guitton Menuiserie travaille régulièrement.

Afin que le projet soit usinable, la société a pris soin de conseiller les étudiants sur les dessins. Une fois les plans reçus et exploitables, Guitton Menuiserie s’est chargé de la découpe avec leur fraiseuse numérique, un outil parfaitement adapté à l’économie de matière, qui était l’objectif en tête du cahier des charges. Les étudiants quant à eux, ont réalisé le montage final.

Ayant à cœur de transmettre leur savoir-faire aux plus jeunes, ce n’est pas la première fois que la société travaille avec un lycée puisqu’elle accompagne un à deux projets d’étudiants par an.

Le contreplaqué Okoumé s’est imposé

Lors de la réalisation du projet « DUNES » et pour une question principalement esthétique, Guitton Menuiserie a utilisé deux essences différentes. Le contreplaqué de bouleau a été utilisé pour la forme et les courbes, tandis que le contreplaqué Okoumé a été préconisé pour les lattes d’assises. Cette essence, rosée et plus sombre, a permis de créer un contraste de couleur intéressant entre la structure et les assisses. L’okoumé était également plus adapté   aux lattes d’assise.
« DUNES » a été conçu pour être installé en intérieur ou en extérieur mais abrité, ce qui a permis l’utilisation du contreplaqué de Bouleau. L’Okoumé s’est donc naturellement imposé comme l’essence adéquate, par sa durabilité et ses performances mécaniques pour les parties les plus sollicitées, également les parties plus exposées.

La société travaille régulièrement avec ces deux essences : « Le contreplaqué de bouleau est un bois assez clair, qui possède un beau grammage, nous l’utilisons pour de l’agencement. Pour de la menuiserie d’extérieur, nous utilisons le contreplaqué Okoumé » précise Alban Guitton.

Une villa au cœur de Biscarrosse, en 100% pin des Landes

L’entreprise G.PALLAS, spécialiste depuis plus de 50 ans dans la construction de maisons à ossature bois, a livré en 2018 à Biscarrosse (Landes), une villa pour des particuliers, en contreplaqué de pin. Une ressource locale qui contribue à un impact carbone minimum.

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Une villa inspirée des cabanes du bassin d’Arcachon

Pour la mise en œuvre du futur lieu de vie d’un couple de restaurateurs, le constructeur G.PALLAS à fait le choix d’un style architectural dicté par la tradition des cabanes du bassin d’Arcachon, avec de larges avant-toits à coyaux et une pointe d’exotisme asiatique.
La maison est ouverte sur une grande terrasse avec cuisine d’été bien abritée pour profiter toute l’année de l’extérieur. Par ailleurs, afin d’assurer un confort d’été optimal, un mur à inertie a été positionné au centre de la maison. Ainsi, malgré l’absence de volet, la maison conserve naturellement plus de 10°C d’écart en moins, en été.
L’ensemble de l’ossature y compris le contreventement, des bardages, des terrasses, des cloisons intérieures, des habillages bois muraux, de la charpente et des menuiseries intérieures ont été réalisés avec du pin des Landes.

Une volonté de privilégier les solutions locales et durables

Ce projet s’inscrit dans une vraie démarche de circuit court, contribuant à l’économie locale du pin des Landes et à un impact carbone minimum.

La société étant nichée au cœur du massif forestier des Landes, c’est donc tout naturellement que G.PALLAS privilégie depuis toujours, l’utilisation de cette essence locale, pour la construction de ses charpentes et ossatures bois. Le choix du pin des Landes s’est également imposé pour sa résistance et sa multitude d’utilisations possibles.

De plus, G.PALLAS travaille régulièrement avec deux fabricants français de contreplaqué de pin, situés à seulement quelques kilomètres de ses ateliers :
« Le contreplaqué Pin maritime est un composant important de nos constructions (contreventement, sous toiture, planchers, menuiseries, agencement, etc…) et nous permet de défendre, depuis 3 générations le vrai circuit court », précise Vincent Amade, co-gérant de G.PALLAS.

FOCUS SUR LE CONTREPLAQUÉ UTILISÉ
  • Contreplaqué NF Contreplaqué Extérieur CTB-X, produit dans les Landes, au cœur du massif :
    • 12mm structurel (EN 636-3S)pour le contreventement des ossatures et des cloisons bois intérieures.
    • 21mm de « finition » avec une face de belle qualité esthétique (selon EN 635-3 : I++/II) pour certains planchers apparents, tableaux extérieurs de menuiseries et certains aménagements intérieurs.

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Retour sur la Matinée Régionale du Contreplaqué 2021

À l’heure où les matinées régionales 2022 se préparent, revenons en synthèse sur un moment fort de la 1ère Matinée régionale du contreplaqué. En raison des circonstances, elle s’est tenue en Juin 2021 sous forme d’un webinaire regroupant plus de 100 professionnels en grande majorité du secteur du bâtiment et de l’aménagement intérieur.

Focus sur le territoire de la Nouvelle Aquitaine et plus particulièrement sur celui des Landes : son prestigieux massif de Pin maritime, la place des industries du déroulage et de la fabrication du contreplaqué éponyme, clé de voute entre acteurs économiques locaux pour la prospérité d’une chaine de valeur « de la ressource à l’usage » en circuit-court, voire très court.

Quatre intervenants ont pris la parole pour évoquer ces différents maillons de la chaine territoriale « pin maritime » : ressource forestière et acteurs de la forêt, industries du contreplaqué, construction et mise en œuvre, conception et design. La matinée a été conclue par les organisateurs, Fibois Landes de Gascogne et Fibois Nouvelle Aquitaine qui ont dressé un panorama de la richesse et de l’excellence de la filière forêt-bois dans leurs territoires.

VOIR LE REPLAY

Sabine Boury, Déléguée générale de l’Union des Industries du Contreplaqué (UIPC) a introduit ce webinaire en présentant l’industrie du contreplaqué française et en rappelant ses chiffres clés :

À retenir
17 sites industriels, 260 000 m3 produits/an, 80% de la ressource valorisée = ressource métropolitaine au plus près des sites industriels, 250 à 300 M€ de CA, 3000 emplois directs et indirects, 4 essences majoritairement transformées : Pin maritime, Peuplier, Hêtre, Okoumé.

Elle a également illustré le contexte international de la production et des échanges (cartographie des grands pays producteurs dans le monde, flux exports/imports) et enfin, profilé les 50 usages du matériau.

Extrait présentation (Sabine Boury)

Patrice Schocke, Directeur Commercial Bois d’Alliance Forêt Bois, a illustré les 3 cœurs de métiers de la Coopérative : Conseil forestier, Sylviculture, Exploitation & Commercialisation des bois, en présentant les chiffres clés du groupe AFB, coopérative présente sur tout le territoire ouest de la métropole.

À retenir
15 agences territoriales, 43 200 adhérents, 1 million d’ha gérés, 680 salariés, 12 à 17 000 ha reboisés chaque année, 3 millions de m3 de bois livrés annuellement dont 100 000 m3 dédiés à la fabrication de contreplaqué pin maritime, un CA annuel de 200 M€ ; 85% des bois vendus en 2020 étaient porteurs d’une certification forestière (PEFC ou FSC).

Alliance Foret Bois est aujourd’hui un leader mondial de la pépinière forestière, spécialisée dans le Pin maritime, mais également le Peuplier.

Les fondements de la coopérative : assurer la gestion durable des forêts en étant un acteur majeur du reboisement : 1 arbre planté toutes les 2 secondes par AFB. Patrice Schocke a rappelé les grands bénéfices d’une gestion durable des forêts dans la continuité d’une tradition française sensibilisée à la gestion durable des forêts depuis la création du Code forestier en 1827.

Extrait présentation (Patrice Shocke)

Evoquant le Pin maritime plus spécifiquement, il explique la « rusticité » de l’essence et sa capacité à concourir à l’adaptation de la forêt française aux changements climatiques, son aire géographique naturelle s’étendant du Maroc jusqu’à la bretagne. Le massif représente 10% de la forêt française (1 millions d’ha) mais génère 20% du bois valorisé en tant que matériau.
Il aborde la dimension R&D des objectifs d’AFB qui ont permis de générer des gains tant en termes de productivité qu’en termes de qualité de bois (rectitude) ce qui constitue un saut de performance tant environnementale, économique que sociétale bénéficiant à tous les maillons de la chaine de valeur. Ainsi, en 1960 la productivité de parcelles était de 5 m3/ha/an, elle est de 12 m3/ha/an en 2015, et devrait être atteindre les 15 m3/ha/an d’ici 2025/2030.
AFB a également travaillé à améliorer la compétitivité du massif en optimisant notamment les méthodologies de reboisement, réduisant ainsi les temps de « chantier » nécessaires. Ceci contribue largement à l’attrait et à la valeur (écosystémique, économique et sociétale) du massif, garantissant sa protection et sa pérennité.
Enfin, Patrice Schocke a donné quelques clés de compréhension du mode de valorisation du pin maritime : toutes les parties de l’arbre trouvent usage donc valeur : le bois d’œuvre pour la fabrication de matériaux nobles (sciages, bois de déroulage et fabrication de contreplaqués), haut de grume (bois d’emballage tels que les palettes ou les cagettes), les branches sont valorisées en bois énergie, les écorces pour l’ornement ou encore la distillation et enfin la résine qui retrouve ses lettres de noblesse dans les nouveaux process de chimie verte.

L’intérêt du déroulage et de la fabrication de contreplaqué est qu’il nous permet de valoriser le bois auprès des propriétaires car la fabrication de contreplaqué offre un débouché à haute valeur ajoutée pour la partie la plus noble de l’arbre

Vincent Amade, Associé gérant de l’Entreprise Pallas Construction, située dans les Landes, utilisateur final du contreplaqué pin maritime.

Représentant de la 5ème génération de menuisier au sein de cette entreprise, spécialisée dans la construction de pavillons en bois et fidèle au Pin maritime et au contreplaqué depuis plus de 40 ans. Vincent Amade a évoqué les objectifs de cohérence environnementale qu’il s’est fixé : une politique privilégiant au maximum le circuit-court qui vise le 100% d’approvisionnement dans un rayon inférieur à 80 km et la construction à faible bilan carbone. C’est bien l’expérience et la confiance qu’il a en le matériau qui l’a poussé à construire avec du contreplaqué pin maritime, mais la forte proximité de deux sites de production contribue tous les jours à confirmer son choix et à l’aider à répondre en totalité à ses objectifs, à le différencier sur ses marchés.

Extrait présentation (Vincent Amade)

Malgré le mauvais procès que l’on fait parfois au pin maritime, il est à noter que le clocher de notre village, fabriqué par notre arrière-arrière-grand-père, en 1875, est toujours débout, intact et est en pin maritime : le pin maritime est un bois costaud, qui dure et est utilisé depuis très longtemps

Côté technique, Mr Amade a pris le temps d’expliquer et d’illustrer le grand nombre d’atouts offerts par le Pin maritime et par le contreplaqué qui confirment que construire en ossature bois avec du contreplaqué est non seulement possible et intéressant techniquement mais permet une performance, notamment économique tout à fait valorisante. Il évoque notamment la polyvalence du contreplaqué NF Contreplaqué CTB-X et les solutions qu’il apporte, tant en usage extérieur, qu’en usage structurel :

  • durabilité et résistance à l’humidification ;

  • étanchéité à l’air, perméabilité à la vapeur associé à un rapport épaisseur/ résistance mécanique qui permet de réduire la consommation matière par l’utilisation d’une épaisseur de panneau plus faible, en font un matériau idéal dans la réalisation de paroi ossature bois ;

  • stabilité du matériau qui apporte des solutions autant en fabrication de menuiseries extérieures qu’en aménagement intérieur  (plancher performant techniquement qui offre en même temps une esthétique sans avoir à intervenir en finition);

  • utilisation en bardage ou en tableaux de menuiseries extérieures ; ou encore en solution « ITE »

Le contreplaqué pin maritime est un matériau très performant et polyvalent, on y trouve de très nombreux avantages, tant en structure que pour la réalisation d’aménagements autant pour l’extérieur que pour l’intérieur, et qui nous permet de participer activement à la vie de notre territoire

Flavien Menu, Architecte « Wild City » qui nous présente le Proto Habitat, projet mis au point dans le cadre d’une résidence à la Villa Médicis en 2020.

Flavien Menu a précisé en introduction le premier intérêt du contreplaqué qui permet, en raison de sa résistance et de sa légèreté, la réalisation de maquettes à échelles réduites (1/10e), très aidantes dans les différentes étapes de conception.

Le contreplaqué nous a permis de répondre à 100% à nos objectifs de départ : concevoir un habitat Ecologique, Nomade et modulable

Le projet : habitat écologique (100% en bois), nomade et modulable.

Ecologique : 100% en bois, provenant de circuits courts (< 400 km). Pour les concepteurs, l’assurance de traçabilité était primordiale : provenance de Nouvelle Aquitaine et provenance de forêt gérées durablement.

Nomade : montable, démontable facilement : démonstrateur monté déjà 3 fois, 2 démontages/remontages à venir. Totalement démontable dans une logique « flat pack » : une fois démonté, les éléments se rangent à plat dans une logique de transportabilité facilitée. (habitat de 90 m² transportable sur un seul camion de 35t). Le contreplaqué nous a beaucoup aidé dans la conception de cette démontabilité.

Modulable : fonctionne par « unités de vie » : on peut juxtaposer ou superposer différentes unités pour obtenir un habitat plus grand ou pour un usage collectif.

Côté structure : Structure en poteau poutre en lamellé collé de Douglas avec des murs à ossature bois qui viennent s’insérer dans cette structure. Les murs à ossature bois ont été revêtus en CP Pin maritime traité thermiquement pour l’extérieur et lasurés (le traitement thermique permettant d’augmenter l’imperméabilité du CP) cela nous a permis également de travailler le calepinage des façades. A l’intérieur, revêtement des murs en CP peuplier (15 mm) qui permettent aussi d’assurer le contreventement de l’unité ; les planchers sont réalisés en CP Pin Maritime. Un autre de nos objectifs était de montrer et de sentir le matériau : sentir = pouvoir le toucher, et pouvoir aussi profiter de l’odeur agréable qu’il dégage : nous avons pu vérifier l’effet « bien-être » du matériau sur plus de 500 visiteurs étant venus découvrir le Proto Habitat.

Le contreplaqué Peuplier a été également utilisé pour la réalisation de tous les aménagements intérieurs (ameublement, agencement, portes de placards, etc…).

Les jeunes architectes ne s’arrêtent pas là et se lancent dans un nouveau projet de conception et construction innovante permettant de repousser les limites d’utilisation du bois, et notamment du contreplaqué.

Extrait présentation (Flavien Menu)

Fibois Nouvelle Aquitaine (Nathalie Gérôme) & Fibois Landes de Gascogne (Stéphane Latour) ont conclu le webinaire en présentant la filière forêt bois dans le territoire :

À retenir
1ère région métropolitaine en superficie forestière soit 34% de la surface nationale ; 62% de feuillus et 38% de résineux. Récolte annuelle : 10 Millions de m3 qui alimentent à 50% filière matériau (bois d’œuvre, bois de déroulage), à 40% la filière industrie (papier-cartons, panneaux process) et à 10% la filière énergie ; 28 000 entreprises sur le territoire qui génèrent 59 000 emplois directs. Un CA de 9.700 Milliards € ce qui place la région en 3ème position.

L’industrie du contreplaqué en Nouvelle Aquitaine : 10 sites en NA réparties sur le territoire de Nouvelle Aquitaine qui génèrent environ 2000 emplois sur le territoire ; 90% de la production nationale de contreplaqué : 242 000m3 produits en 2019, dont 105 000 m3 de contreplaqués « bois exotiques », et 137 000 m3 de contreplaqués « bois résineux et feuillus » (pin maritime et peuplier).
La matinée 2021 a mis le focus sur le sud de Nouvelle Aquitaine et donc sur le Pin maritime, mais Nathalie Gérôme a rappelé que le territoire dispose également d’un massif très important de peuplier qui sera l’objet d’une nouvelle matinée régionale. Par ailleurs, le territoire nord, correspondant à l’ancienne région Poitou Charentes est très marqué historiquement par l’activité du Port de la Rochelle (1er port français pour l’importation des bois). Ainsi ce territoire est le berceau de la fabrication du contreplaqué Okoumé, fleuron de l’industrie française. Le contreplaqué Okoumé est réputé pour sa résistance en milieux hostiles et une prochaine matinée régionale permettra de découvrir ses atouts et notamment son usage en construction nautique.

Extrait présentation (FIBOIS)

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ENQUÊTE – Ce que les utilisateurs attendent du contreplaqué / DECRYPTAGE (SUITE)

A la demande de l’UIPC, une enquête, financée par le CODIFAB, a été conduite auprès d’utilisateurs professionnels de panneaux contreplaqués, issus des secteurs industriels et du bâtiment qui a permis d’identifier dix exigences prioritaires classées selon les profils des utilisateurs : « Bâtiment » / « Industries » : 3 exigences partagées par l’ensemble, 4 exigences spécifiques au « bâtiment » et 3 exigences spécifiques aux « industries ».

DECRYPTAGE 2021 (Fin) :

Les trois exigences partagées par l’ensemble des utilisateurs :

La stabilité du panneau

L’aspect des faces

La caractérisation du panneau et la déclaration des performances (DoP)

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L’aspect des faces :

Selon la norme, l’aspect d’un contreplaqué brut (non revêtu) est déterminé par la classe d’aspect de sa face (et de sa contre-face) : NF EN 635 permet, selon la nature du bois utilisé (feuillu, résineux) la classification des placages de faces selon le nombre et l’importance de certaines caractéristiques inhérentes au bois (nœuds, colorations, régularité de la structure du bois, fentes, etc.) et de défauts dus à la fabrication (joints montés, réparation (flipots, masticage), etc.). Cinq classes sont définies : E, I, II, III, IV ; mais le niveau d’exigence des classes E et I est tel qu’il est très difficile de les atteindre en raison de la nature même du bois. Coté affichage, un contreplaqué portant l’indication II/III sera composé d’une face classée II, et d’une contre-face classée III. Cette classification a été pensée avant tout comme une contribution à l’estimation de l’aptitude du contreplaqué à la finition (guide : XP CEN/TS 635-4).

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Quelle signification pour l’utilisateur ?

Les industriels attendent des panneaux avec une qualité de face homogène et une répétabilité de cette qualité d’un panneau à l’autre, d’une commande à l’autre

Les usages industriels font référence la plupart du temps à des productions en volume (ou en nombre) soumis à l’obligation de répétabilité des biens produits et dans lesquels la variabilité, notamment de la matière première n’a que très peu de place. L’homogénéité des faces et la régularité de leur aspect, d’un panneau à l’autre, permet notamment, pour ce type de production, un calepinage et une découpe facilitée du panneau dans une logique d’optimisation de matière première.

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Lorsque l’aspect des faces est évoqué coté bâtiment, c’est essentiellement lors que les panneaux sont apparents dans l’ouvrage, mais les demandes sont moins abordées de manière technique, mais plus simplement, les constructeurs parlent de « beaux panneaux », de « panneaux propres »

En effet, la qualité esthétique de la face n’a pas d’impact sur les performances mécaniques du contreplaqué, pour une utilisation en structure par exemple. Dans ce cas, ce seront les performances de collage et qualité de réalisation du panneau (panneaux propres) qui seront recherchées. Mais dès que le panneau est apparent, laissé brut ou devant recueillir une finition, il est important de vérifier la qualité de la face apparente : car en fonction de l’attente finale, finition opaque ou au contraire si c’est la nature ou l’histoire du bois qui est recherchée, le choix de la classe d’aspect sera bien différent.

Qu’est-ce que cela induit pour le fabricant ?

Un défi au moins à relever pour les fabricants : classer les placages selon la norme en sortie de dérouleuse, sachant que malgré toutes les précautions prises lors de l’achat des grumes de bois, il est impossible de prédire totalement sa qualité ! Le classement permet déjà de réserver les plus beaux placages pour les faces les plus exigeantes et de répartir les placages qui pourront être utilisés pour les plis intérieurs ; Ce classement repose sur l’expérience de l’œil et la capacité d’analyse du cerveau humain ; en effet, même si les caméras et l’analyse numérique peuvent venir en aide à l’opérateur, les nouvelles technologies et les algorithmes ne remplacent toujours pas aujourd’hui l’agilité et la finesse de l’analyse humaine ;

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Il est à noter qu’une famille spécifique de normes est dédiée aux panneaux décoratifs « plaqués bois » pour lesquels le cœur de métier est justement de recomposer des faces aux vertus éminemment esthétiques à partir de placages tranchés d’essences fines. Ces savoir-faire d’excellence, rares aujourd’hui mais préservés sur le sol national, font de la France une référence sur le marché international.

La caractérisation du panneau et la déclaration des performances (DoP)

La fabrication de contreplaqués est très fortement encadrée d’un point de vue normalisation, au niveau français, européen ou encore international : http://www.lecontreplaque.com/reglementation/encadrement-reglementaire-et-normatif/
Ces familles de normes reposent sur des méthodes de mesure et de caractérisation. Ceci permet aujourd’hui de quantifier les caractéristiques d’un contreplaqué sous un grand nombre de prismes, de la physique à la mécanique, de l’esthétique à la durabilité.

Le Règlement européen « Produit de Construction » (RPC) prévoit que pour pouvoir mettre sur le marché de l’Union européenne un produit de construction, le fabricant doit établir une déclaration de performances et apposer le marquage CE sur le produit en question. Les obligations concernant les panneaux contreplaqués sont définies dans la norme harmonisée EN 13986 « Panneaux à base de Bois destinés à la Construction ». Cette norme harmonisée a été construite de sorte à regrouper l’intégralité des critères de performance requis par les règlementations de construction nationales, de tous les pays de l’Union Européenne. Ainsi, la DoP (ou déclaration de performance) est un document qui regroupe l’ensemble des données de caractérisation d’un contreplaqué. Selon l’usage (par ex structurel ou non structurel), la liste des critères qui doivent être obligatoirement déclarés peut varier.

La DoP et l’affichage des caractéristiques qu’elle permet est relativement bien connue maintenant des acteurs rencontrés. Son utilisation dépasse même le secteur du bâtiment puisqu’elle permet de répondre en partie à des attentes d’industriels qui l’utilisent largement

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Quelle signification pour l’utilisateur ?

Si certains fabricants de contreplaqué ont maintenu les documents techniques dédiés aux contreplaqués qu’ils produisent, c’est qu’ils viennent en complément, sur certaines caractéristiques à la DoP, adaptée avant tout à l’univers du bâtiment.

Certains des industriels rencontrés ont émis le souhait cependant d’accéder à une caractérisation plus fine des panneaux et ainsi une capacité à identifier les panneaux présentant les meilleures caractéristiques afin de pouvoir réserver les panneaux à des usages à contraintes plus fortes

En effet, dans la majorité des cas, les exigences du RPC s’expriment à travers des seuils de performance minimum, répondant, à minima aux exigences de performances pour la solidité et la durabilité de l’ouvrage conçu et construit.

Qu’est-ce que cela induit pour le fabricant ?

La surveillance de la constance du process de fabrication (et donc des performances des panneaux produits) représente un enjeu clé. Elle s’établit sur une caractérisation fine des panneaux par des essais destructifs. Le test de chacun des panneaux produits n’est donc pas possible aujourd’hui. La surveillance de la constance des performances fait l’objet d’une certification des sites industriels ; c’est-à-dire qu’une fois un process mis au point, des panneaux sont régulièrement prélevés et analysés afin de vérifier que les panneaux produits correspondent bien aux exigences attendues. En plus de ces contrôles de production « en continu » les sites industriels sont aussi soumis à des audits par tiers et les panneaux feront l’objet d’essais comparatifs selon d’autres méthodes d’analyses. La fréquence des contrôles en continu et des audits est aussi décrite dans la norme harmonisée (ex niveau CE 2+). Cela permet également d’alimenter la chaine de traçabilité.

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Mais n’oublions pas que le bois, par nature, est un matériau extrêmement variable. Les panneaux, en fonction de la qualité du bois d’origine, pourront être dotés de performances, notamment mécaniques, bien plus fortes que le minimum requis. Les fabricants français travaillent à l’heure actuelle à la mise au point de méthodes de caractérisation non destructives ce qui leur permettra de répondre à des attentes plus fines des utilisateurs ainsi que mieux rationaliser encore, l’utilisation de leur matière première.

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Des étudiants en design d’espace créent « DUNES », un projet mobilier atypique et éco-responsable

Au lycée St Martin quartier Ste Geneviève à Rennes, des étudiants en DNMADE* Design d’espace option « Innovation sociale » ont réalisé un mobilier en contreplaqué. Installée devant le foyer du lycée, cette œuvre a atteint les objectifs fixés et fait la fierté de l’ensemble des membres de l’établissement.

*Le DNMADE est un diplôme national de l’enseignement supérieur français conférant, en 3 ans d’études, le grade de licence.

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Une démarche favorisant le respect de l’environnement et la convivialité

Par binômes, les étudiants de première année avaient pour mission de concevoir un meuble, avec comme objectifs de privilégier la détente et la convivialité, tout en optimisant la matière 1ère afin de réduire l’empreinte écologique du projet.

C’est ainsi qu’a commencé un travail d’initiation aux proportions du corps humain et un travail de recherches par maquettes, de façon à prendre conscience des dimensions nécessaires et permettre aux personnes de s’y asseoir ou de s’y allonger.

Parmi tous les projets présentés, c’est la proposition nommée « DUNES » qui a finalement été sélectionnée et mise en fabrication « grandeur réelle ». Cette œuvre tient son nom des ondulations en relief qui font échos aux paysages des dunes.

Un travail minutieux réalisé avec le contreplaqué

Pour concrétiser ce projet, les étudiants et l’équipe enseignante, composée de Cécile Amstoutz, Stéphane Leclair et André Tirvert enseignant et architecte, avec le soutien financier de la direction de l’établissement, ont pris contact avec l’entreprise de menuiserie Guitton, située à Rennes. En tête du cahier des charges : fabriquer tout en optimisant la consommation de matière. L’entreprise Guitton a immédiatement accepté de relever le défi et leur a proposé d’utiliser sa fraiseuse à commande numérique, outil parfaitement adapté à l’économie de matière.

Les plans du meuble ont donc été convertis par les étudiants en fichiers de découpe numérique et la réalisation pouvait commencer.

Concernant le choix de la matière : le contreplaqué s’est imposé naturellement, apportant toutes les réponses aux différents critères de choix et objectifs des concepteurs. À l’origine, pour les lattes d’assises, il était prévu d’utiliser des lames de platelage. Mais en raison d’un coût relativement élevé compte tenu de la difficulté d’approvisionnement en matières 1ères (nous sommes en pleine crise COVID), le menuisier a recommandé d’utiliser du contreplaqué Okoumé, aux teintes et solidité équivalentes et qui pourrait être usiné également sur sa fraiseuse numérique, façon lames de platelage. Concernant la structure du meuble, le choix des étudiants s’était arrêté sur du contreplaqué de bouleau, en raison de la finesse de son veinage, de sa discrétion et de son élégance. Enfin, un vernis est venu apporter la touche finale à la réalisation.

La réalisation technique du projet s’est parfaitement déroulée même si la patience des étudiants a été mise à rude épreuve par l’attente de la livraison du contreplaqué bouleau depuis ses contrées d’origine (en provenance uniquement de l’Europe du Nord ou de l’Est). Mais le projet est une réussite et les objectifs ont été atteints : La matière a bien été optimisée de façon à réduire au maximum les chutes et tous les membres du lycée prennent plaisir à se retrouver autour et sur cette nouvelle installation.

Des plans en open source pour que tout le monde puisse en profiter

Dans le cadre de la formation « innovation sociale » la dimension de partage est importante pour l’établissement. L’équipe a donc décidé de mettre les plans en libre accès, afin que d’autres personnes puissent réaliser « DUNES ».

« Nous trouvions cela dommage que d’autres personnes ne puissent pas en profiter. Surtout des associations, des écoles, des colonies de vacances… car c’est un mobilier collectif. Il est également primordial pour nous de sensibiliser les étudiants à cet esprit de partage. » explique Stéphane Leclair, enseignant au lycée St Martin de Rennes.

Vous pouvez télécharger les plans de réalisation sur le site du lycée St Martin quartier Ste Geneviève :

https://www.saintmartin-rennes.org/formations/dnmad/

Usage extérieur du contreplaqué
Ce mobilier a été conçu et fabriqué pour être installé en intérieur, ou en extérieur abrité. Une utilisation en extérieur serait tout à fait possible, le contreplaqué étant le seul panneau de bois qui le permet. Il convient cependant de vérifier que le contreplaqué utilisé répond bien au cahier des charges « extérieur » (collage extérieur, NF Contreplaqué CTB-X, Contreplaqué « marine », etc..) et dispose d’une finition bien adaptée.

 

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Ce que les utilisateurs attendent du contreplaqué / DECRYPTAGE – La stabilité du panneau

À la demande de l’UIPC, une enquête, financée par le CODIFAB, a été conduite en 2020 auprès d’utilisateurs professionnels de panneaux contreplaqués, issus des secteurs industriels et du bâtiment.

Quelques utilisateurs de contreplaqué se sont prêtés à un entretien guidé construit autour de 4 axes thématiques, complété d’un échange libre. Ces échanges ont permis d’identifier dix exigences prioritaires classées selon les profils des utilisateurs : « Bâtiment » / « Industries » : 3 exigences partagées par l’ensemble, 4 exigences spécifiques au « bâtiment » et 3 exigences spécifiques aux « industries ».

DECRYPTAGE 2021 :
Les trois exigences partagées par l’ensemble des utilisateurs :

  • La stabilité du panneau
  • L’aspect des faces (à venir)
  • La caractérisation du panneau et la déclaration des performances (DoP) (à venir)

La stabilité du panneau contreplaqué :

Le bois est un matériau vivant, il est d’ailleurs apprécié et recherché pour son aptitude naturelle à interagir avec l’humidité ambiante – par recherche constante de l’équilibre hygroscopique – qui lui confère une capacité de régulation hygrothermique. L’envers de la médaille, la nature ayant horreur du vide, est la manifestation de ces échanges par les variations dimensionnelles du matériau – son retrait quand il sèche, son gonflement quand il reprend de l’humidité.
Le comportement hygroscopique du contreplaqué est sensiblement équivalent à celui du bois massif : son équilibre hygroscopique se situe entre 7 et 13%, soit 1 à 2% inférieur au bois massif, mais du fait du process industriel et de la présence de colle, la cinétique des échanges est diminuée, les variations d’humidité prendront plus de temps. En outre, la structure multi-plis croisée confère au contreplaqué une plus grande isotropie qui viendra contrarier les déformations naturelles du bois de chaque pli et agît comme un stabilisateur naturel. Ceci explique l’excellente stabilité du contreplaqué, dont les variations dimensionnelles seront, au final, largement inférieures à celles du bois massif.

Dans la famille des panneaux à base de bois, le contreplaqué est le panneau le plus stable dimensionnellement : 2 fois plus stable en moyenne que le MDF ou le panneau de particules.

Quelle signification pour l’utilisateur ?

 Plus qu’une attente, la stabilité des panneaux contreplaqués est un argument de confiance ; ceux pour qui la stabilité est une exigence forte connaissent le contreplaqué et l’ont adopté.

Un processus industriel est optimisé et « réglé » de manière fine pour une production à plus ou moins grande échelle, qu’il soit un processus intermédiaire ou final, et quels que soit le nombre et la nature des matières premières y entrant. Ce process ne pourra pas être adapté en permanence : les matières premières doivent répondre à un cahier des charges qui fixe de manière drastique les tolérances admises. Le bois est un matériau très apprécié pour beaucoup de ses performances et aspects, et aujourd’hui plus encore par la solution qu’il offre dans la lutte contre le changement climatique et la réduction de notre empreinte carbone : le contreplaqué qui capitalise l’ensemble de ces qualités, permet au « bois » de répondre aux cahiers des charges industriels, et notamment en termes de « tolérances dimensionnelles » sans obligation de passer par une stabilisation artificielle. Il a fait ses preuves et nombres de fabrications industrielles allant de la construction aéronautique, navale ou automobile ou encore la menuiserie, etc. l’utilisent au quotidien.

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Ceux qui utilisent d’autres panneaux et qui ont connu des sinistres sur chantiers liés à une humidification des panneaux, ne connaissent pas le contreplaqué et le découvrent pendant l’entretien ; ils regrettent que leurs distributeurs ne leur aient pas présenté.

Dans le domaine du bâtiment, la stabilité dimensionnelle est importante, elle est le garant de la pérennité de l’ouvrage. Elle est recherchée aussi vis-à-vis de l’aptitude des matériaux à résister et conserver l’ensemble de leurs performances pendant une phase chantier qui peut les exposer à des aléas climatiques ou encore pendant la vie du bâtiment, à des dégâts des eaux qui pourraient remettre en cause les performances même de l’ouvrage si la cohésion interne des matériaux en était affectée.

Le phénomène de déformation lié à une modification de l’humidité ambiante temporaire est réversible pour le bois massif et n’endommage en rien l’ensemble des performances mécaniques du matériau. Le contreplaqué apporte cette garantie supplémentaire, par rapport à d’autres panneaux à base de bois plus sensibles à des humidifications fortes et dont les propriétés pourraient être définitivement altérées : sa nature n’est pas affectée pendant l’humidification, et ce notamment grâce à la performance des joints de colle ; une fois séché ou de nouveau en conditions « normales » d’humidité, et quelle que soit l’ampleur de cette humidification temporaire, le contreplaqué n’aura rien perdu de ses performances mécaniques et pourra continuer d’assurer sa fonction au sein du bâtiment.
Ceci ne veut pas dire que les préconisations de stockage et de mise en œuvre des matériaux ne doivent pas être respectées, pour un chantier mené en toute sérénité !

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En dehors de ces risques d’accidents, l’exemple de la fabrication et de la pose de revêtements muraux décoratifs est intéressant : ces revêtements luxueux et artistiques, conçus et manufacturés minutieusement alliant autant de matières « vivantes » fragiles ou exigeantes telles que cuirs, peaux,  tissus, liège, placages d’essences fines, que des matières plus inertes et rigides telles que le verre et métal ouvragés sont la plupart du temps confectionnés sur support contreplaqué qui leur apporte la planéité et stabilité nécessaire à la conservation du décor.

Au moment de la pose, la réalisation des motifs d’ensemble selon des calepinages millimétriques requière un grand niveau de précision. Les exigences liées à la mise en œuvre de ces panneaux décoratifs sont fortes puisque le support primaire devra offrir une rigidité suffisante pour compenser les les imperfections éventuelles du gros œuvre, une résistance à l’arrachement suffisante pour accueillir les futurs revêtements, une facilité d’usinage et une légèreté pour une pose sur mesure et bien sûr la stabilité nécessaire pour assurer la pérennité du bel ouvrage. Le contreplaqué 100% okoumé, reconnu pour son incomparable stabilité même en contraintes fortes, répond totalement à ces exigences.

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ENQUÊTE – Ce que les utilisateurs attendent du contreplaqué

A la demande de l’UIPC, une enquête, financée par CODIFAB, a été conduite en 2020 auprès d’utilisateurs professionnels de panneaux contreplaqués, issus des secteurs industriels et du bâtiment, ou encore de la construction nautique. Elle a permis d’identifier les attentes et priorités de ces utilisateurs. Retours sur l’enquête.

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Les panneaux contreplaqués se distinguent d’autres panneaux à base de bois, par leur diversité de marchés et d’utilisateurs, impliquant pour les fabricants une capacité d’adaptation du processus industriel au « sur mesure » de ces exigences. Soulignons que le « contreplaqué » se décline en fait, en une famille de panneaux aux caractéristiques et performances variées dont l’utilisateur, centré sur ses besoins propres, n’a pas forcément connaissance.
Ainsi, la maxime « qui peut le plus peut le moins » s’applique au panneau contreplaqué, assimilé le plus souvent à un produit unique et haut de gamme, pouvant être préjudiciable à une approche d’optimisation technique ou environnementale pour les fabricants.

L’enquête visait donc à saisir plus finement des attentes spécifiques afin d’une part,, de dessiner des voies d’optimisation du process industriel, et d’autre part permettre un positionnement plus précis et complet des produits par une adaptation aux nouvelles exigences des utilisateurs.
Elle a été menée auprès d’utilisateurs professionnels des secteurs du bâtiment (construction et agencement), des secteurs industriels tels que l’automobile, le ferroviaire ainsi que les secteurs industriels faisant appel au contreplaqué pour la caisserie et les emballages spéciaux, ou encore la construction nautique (modelage, structure ou agencement).

Les utilisateurs enquêtés se sont prêtés à un entretien guidé construit autour de 4 axes :

  • La connaissance du produit
  • Le contexte réglementaire et normatif
  • L’environnement
  • Les performances et spécificités des panneaux contreplaqués complété d’un échange libre permettant aux acteurs d’enrichir les entretiens de leur expérience propre et d’ouvrir à des considérations que le guide d’entretien aurait pu omettre.

Dix attentes prioritaires mises en lumière, classées selon les profils des utilisateurs « Bâtiment » / « Industries » :

Trois exigences partagées par l’ensemble des utilisateurs :

  • La stabilité du panneau
  • L’aspect des faces
  • La caractérisation du panneau et la déclaration des performances (DoP)

Quatre exigences spécifiques au secteur du bâtiment :

  • Le format des panneaux
  • La qualité de l’air intérieur
  • Les circuits courts et bilan carbone
  • La traçabilité (des approvisionnements)

Trois exigences spécifiques aux secteurs industriels :

  • Les plis minces
  • La constance des performances
  • Les tolérances dimensionnelles des panneaux

Ces 10 exigences feront l’objet d’un décryptage au cours l’année 2021, relayé par la newsletter et le portail du Contreplaqué.

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INTERVIEW – Damien Lévêque, expert bois en charge de l’enquête « utilisateurs » 

Damien Lévêque, expert bois, membre titulaire de la société des experts bois (SEB), est également un des auditeurs pour les marques CARB/EPA, NF contreplaqué extérieur CTB-X et marquage CE depuis 2008.

En 2020, il a mené l’enquête et échangé avec les professionnels pour mieux saisir leurs points de vue et attentes vis-à-vis du contreplaqué.

Nous lui posons 3 questions.


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Quels grands constats avez-vous pu tirer de cette enquête ?
L’objectif premier était de mieux identifier les besoins émanant de deux secteurs : le bâtiment d’un côté, les industries de l’autre. Premier constat qui dépasse totalement le clivage de secteur : la plupart des acteurs rencontrés connaissent très bien le matériau contreplaqué, mais ne connaissent pas du tout la diversité de l’offre contreplaqué existante. Cela est notamment dû à l’intermédiation des négoces et au fait que le contreplaqué est connu et reconnu à travers un positionnement haut de gamme… parce que le référent historique en matière de contreplaqué c’est le « tout okoumé ». Le fait est que des solutions spécifiques à chaque usage existent.

Pourquoi les professionnels que vous avez interrogés ont-ils (ou pas) recours au contreplaqué ?
Pour certains c’est une habitude, c’est le panneau ad hoc. Pour d’autres, il est identifié comme un panneau très technique que l’on peut amener « au bout de sa performance ». Il est aussi tout simplement une réponse aux cahiers des charges. Pour certaines destinations spécifiques (nautisme, automobile) sa stabilité dimensionnelle et la constance esthétique sont des critères distinctifs. Et plus globalement dans les usages industriels, le fait que le matériau émane d’un process industriel très contrôlé le rend fiable et donc compatible en termes de répétabilité.

Nous allons, dans les mois qui viennent, passer en revue chacun des points d’intérêt que vous avez identifiés. Mais avant cela, y a-t-il des besoins inattendus qui se sont révélés ?
Inattendu n’est pas tout à fait le mot. Cette enquête a permis, outre de préciser finement des attentes particulières de faire émerger une hiérarchie des priorités. Nous avons ménagé un temps d’échange libre qui a largement exprimé une demande en formation, informations et aussi un besoin plus fort d’interaction entre fabricants de contreplaqué et clients, jusqu’à de l’aide à la conception. Au-delà, les attentes s’expriment par secteurs avec un aspect « performances et esthétique » côté bâtiment et plutôt « répétabilité et produit fini » côté industries.
En termes de hiérarchie des priorités nous avons pu les classer en 3 familles :

  • une qui concerne les exigences vis-à-vis du « panneau » : l’aspect, les formats, la stabilité et les tolérances
  • une plus orientée vers la « responsabilité environnementale et les impacts » : qualité de l’air, circuits courts, traçabilité.
  • et enfin une troisième famille centrée sur les « performances » : caractérisation, constance, déclaration DoP, épaisseur des plis.

Damien Lévèque : www.expertise-bois.fr
Société des Experts Bois : www.experts-bois.com

 


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