Une ancienne école, fin XIX°, dans le quatorzième arrondissement parisien est aujourd’hui devenue un petit immeuble de logement. La bâtisse présente 35 m2 de surface habitable par étage sur trois niveaux. Elle forme une dent creuse avec son voisinage et pourrait gagner en hauteur pour déployer de nouveaux logements… Nous voici au cœur d’une question particulièrement actuelle : celle de la densification urbaine et du « comment » accueillir plus de logements dans un contexte foncier tendu. La réponse de « la ville sur la ville », autrement dit la surélévation, permet d’optimiser l’existant, en le faisant grandir.

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La solution par surélévation semble évidente, mais elle exige en réalité de répondre à un certain nombre de contraintes, qui plus est en contexte urbain :

  • La solution doit être légère pour éviter le renforcement de la superstructure existante ;
  • Elle soit permettre l’accès à des parcelles contraintes difficilement accessibles ;
  • Elle doit bien sûr être mécaniquement performante, fiable et durable ;
  • Elle est idéalement préfabriquée, pour éviter un maximum d’intervention ou découpe sur site, car bien souvent il n’y a pas de terrain ou peu ;
  • Une solution sèche et rapide permet aux occupants de rester sur place.

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Dans le cas de la Villa Duthy, quelques contraintes supplémentaires viennent corser l’exercice : l’école est située dans une impasse peu accessible avec une parcelle très exiguë, aucun engin imposant (levage ou bétonnière) ne peut accéder ; la hauteur de surélévation est très contrainte par le règlement d’urbanisme et la hauteur totale de l’immeuble ne devra pas dépasser 10 mètres au faitage.

L’architecte en charge du projet, Ariane de Monbrison, entend utiliser une solution structurelle bois, pour répondre à toutes les contraintes de légèreté et d’accessibilité.

La solution appliquée ici repose sur le contreplaqué. Plus précisément, il s’agit de caissons structurels en panneaux de contreplaqué pin maritime, conçus, modélisés, préfabriqués et remplis d’isolant.

La légèreté de ces éléments combinée à d’excellentes caractéristiques mécaniques en fait une solution plus qu’intéressante pour construire « la ville sur la ville ».

Mieux ? Ces éléments qui jouent à la fois le rôle de paroi et de structure sont autoportants. Une particularité notablement intéressante pour éviter une charpente traditionnelle en toiture et dégager ainsi la totalité du volume sous la toiture Mansart… pour un appartement supplémentaire.

Ping-pong sur le BAM System avec ses concepteurs

BAM en 3 mots ?
Bâtiment Autonome Modulaire
Conception du BAM ?
BIM !
Principe ?
Plus de performances, moins de matière
Concept ?
Des éléments structurels préfabriqués
Matière ?
Contreplaqué
Contreplaqué ?
Usinable, stable, léger, performant
Montage ?
Assemblage avec une clé à chocs
Déchets de chantier ?
Zéro
Destination ?
Surélévation, maisons autonomes, petits immeubles… tout
Réalisations ?
7 livrées, 3 en cours, 7 en projet
Réemploi ?
Pièces numérotées, mémoire numérique… nous sommes prêts
Innovant ?
Bientôt traditionnel : conformes aux Eurocodes et vers l’Avis Technique

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Jeu d’enfant. Chaque pièce qui compose ces modules a été dimensionnée par ordinateur (grâce à la feuille de calculs développée en lien avec le concept du BAM system) pour réaliser avec précision chaque caisson de l’ensemble. Les caissons ont été livrés sur le site en décembre. Le montage des caissons est guidé par un plan de montage (sur tablette numérique), phase par phase, et repose sur un modèle 3D où chaque pièce est identifiée et numérotée. Cette étape se résume ainsi à un assemblage, avec un outil unique : une clé à chocs électroportative. L’entreprise sollicitée pour la mise en œuvre ne connaissait pas ce système… Cette première expérience n’a posé aucun problème. Aujourd’hui, 1 mois et demi plus tard, le montage de la structure s’achève. Le nouvel immeuble, plus haut de deux logements, sera livré en mai. Pas de renforcement de structure, pas de déménagement, un chantier peu invasif, une matière renouvelable… et deux logements confortables au cœur de Paris en 6 mois. Joli bilan.

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