MyDrop, LA TEAR DROP MADE IN FRANCE de Patrick Sarran

MyDrop by Patrick Sarran copieLe designer-ébéniste Patrick Sarran a réalisé des prototypes à l’image des mini-caravanes très en vogue dans les années 50 aux USA et qui reviennent à la mode. Exposée au Salon des Véhicules de Loisir du Bourget cette année, la Tear-drop version française met à l’honneur les vertus du contreplaqué mixé à d’autres matériaux.

Photos : Patrick SARRAN

 

 

Le terme Tear Drop tire son nom de sa forme en larme. Inventées dans les années 30, ces mini-caravanes se développent et font fureur dans les années 50. Aujourd’hui, un industriel demande à Patrick Sarran de créer un modèle, version modernisée de ces petits véhicules de loisirs, afin de l’exploiter sous la marque Hundred Miles.

9 mois de gestation

Cela a demandé neuf mois de travail au designer dont trois pour la réalisation de deux prototypes. « L’idée était de réinterpréter ce type de véhicule », explique Patrick Sarran. « Lors des premières esquisses, j’ai opté pour une harmonie aluminium-bois, et son côté Vintage. Le choix des matériaux était primordial. Il fallait allier légèreté et compacité. J’en suis vite arrivé au contreplaqué car il peut se cintrer et se travailler en épaisseur avec sa tranche très graphique ». L’aluminium quant à lui conforte la légèreté, l’étanchéité de l’habitacle et du coffre avant, et apporte du rythme à l’esthétique globale.

Contreplaqué sandwich pour un maximum de performances

Pour ces prototypes, chaque essence de contreplaqué a sa fonction. Le toit est formé d’une structure en panneaux contreplaqué okoumé et également de contreplaqué peuplier (avec laine de verre). Ce dernier présentant la légèreté nécessaire à un usage en structure haute. Côté extérieur, le tout est recouvert d’aluminium anodisé.

Le hayon arrière est en aluminium renforcé par un panneau sandwich cintré en okoumé 3 mm avec une âme en nid d’abeille de polypropylène. Le plancher est quant à lui un panneau sandwich de contreplaqué (naturellement résistant aux assauts de l’humidité) et de mousse de polystyrène. « La remorque ne repose pas sur un châssis mécano-soudé, le plancher est directement monté sur un essieu et une fourche d’attelage de fabrication allemande jouissant d’une homologation européenne ».

Les côtés sont en panneaux sandwiches aluminium laqué et mousse de polyéthylène. Quant à l’esthétique de l’habitacle, les aménagements intérieurs alternent faces bois et faces blanches, avec du contreplaqué de bouleau brut et du contreplaqué filmé blanc.

Enfin, les accessoires enjoliveurs (marches-pieds et pièces latérales) sont composés de plusieurs couches de contreplaqué découpées en fraisage numérique avec des tourillons de positionnement, collées entre elles (colle résorcine). « Le contreplaqué de bouleau utilisé ici a été recouvert de verni marine afin de résister aux conditions extérieures. Avec ses faces claires, on obtient un bel effet sur la tranche », précise le designer. Après avoir envisagé un bois massif, Patrick Sarran s’est prononcé pour le contreplaqué qui garantit une stabilité supérieure et évite ainsi toute fragilisation du verni protecteur.

Un produit industriel et écologiquement responsable

La problématique principale était de passer du prototype à l’industrialisation. « Grâce au fraisage numérique, l’industrialisation est aujourd’hui possible car cet outil permet de réaliser des découpes très précises ». L’emploi du contreplaqué fournit donc une réponse industrielle, mais aussi structurelle : il est léger, isolant, isotrope, et résiste en traction, en compression longitudinale et en cisaillement. Cela en fait un matériau de choix pour les structures de ces véhicules.

Avec 500 kg à vide sur la bascule, une charge utile jusqu’à 250 kg, une conduite avec un simple permis B , MyDrop de Patrick Sarran est une réponse légère au besoin de mobilité contemporain. Elle passe sous les portiques, se gare dans n’importe quel parking ou garage de ville. MyDrop est également appréciée pour son esthétique bois. « Il y a une démarche environnementale derrière ce projet, commence Patrick Sarran : «  Les sandwiches contreplaqué et aluminium sont plus vertueux que des panneaux en plastique généralement utilisés pour les caravanes. Bois et aluminium sont facilement réparables. En outre la majeure partie des éléments qui composent ces mini-caravanes est démontable afin de pouvoir les recycler. Enfin, grâce à la découpe numérique, la fabrication permet une optimisation de la consommation de matière et génère moins de déchets ».

 

LA LETTRE DU CONTREPLAQUÉ D’OCTOBRE

GALERIE PHOTOS DE MYDROP by PATRICK SARRAN