Huit mois seulement après l’entrée en vigueur des droits antidumping définitifs sur le contreplaqué de feuillus en provenance de Chine, la Commission européenne a ouvert une enquête visant à déterminer si ces mesures font l’objet d’un contournement.
Un placage résineux de moins de 0,5 mm au cœur de l’enquête
Selon l’UIPC, les produits concernés seraient des contreplaqués de feuillus auxquels aurait été ajouté un placage résineux d’une épaisseur inférieure à 0,5 mm.
Cette modification aurait pour conséquence de changer le classement douanier des produits, sans pour autant modifier leur nature, leurs performances ou leur usage final.
L’enjeu est important : les droits antidumping applicables au contreplaqué de feuillus chinois peuvent atteindre 86,8 %. La modification du produit permettrait donc, selon l’UIPC, d’échapper à ces droits.
Les données d’importation communiquées par l’UIPC viennent renforcer ses interrogations. Entre novembre 2024 et novembre 2025, les importations de ces produits « modifiés » auraient été multipliées par dix, tandis que les importations de contreplaqué de feuillus diminuaient fortement sur la même période.
Une procédure engagée rapidement par la Commission européenne
Cette enquête anti-contournement intervient seulement huit mois après l’imposition des droits antidumping définitifs sur le contreplaqué de feuillus chinois.
L’UIPC souligne qu’il s’agirait de la procédure anti-contournement la plus rapidement engagée par la Commission européenne dans ce contexte.
L’enquête devrait être finalisée dans un délai d’environ neuf mois, soit à l’horizon de fin avril 2027.
Si le contournement est confirmé, les droits antidumping existants, actuellement fixés jusqu’à 86,8 %, pourront être étendus aux produits concernés. Ils pourraient également être appliqués rétroactivement à compter de leur enregistrement.
Défendre une concurrence loyale sur le marché européen
Pour l’UIPC, cette procédure dépasse la seule question du classement douanier. Elle illustre un enjeu plus large pour l’industrie européenne du contreplaqué : garantir que les mesures de défense commerciale produisent effectivement les effets pour lesquels elles ont été mises en place.
L’organisation professionnelle rappelle que les industriels européens investissent dans leurs outils de production, l’emploi, la conformité environnementale, la traçabilité des matières premières et l’innovation. Ils doivent, selon elle, pouvoir évoluer dans un cadre commercial garantissant une concurrence équitable.
L’objectif des règles européennes de défense commerciale n’est pas d’empêcher les échanges, mais de lutter contre les pratiques considérées comme déloyales lorsqu’elles fragilisent les industries européennes.
Une mobilisation collective de la filière contreplaqué
Cette enquête est également présentée par l’UIPC comme le résultat d’une mobilisation collective de l’industrie européenne du contreplaqué.
Les producteurs européens, concurrents sur leurs marchés respectifs, se sont mobilisés au sein du Consortium Greenwood et avec les organisations professionnelles nationales afin de défendre une position commune sur l’intégrité des règles commerciales européennes.
Pour l’UIPC, cette mobilisation montre la capacité de la filière à parler d’une seule voix lorsqu’il s’agit de défendre les conditions d’une concurrence ouverte et loyale.
L’organisation indique qu’elle restera mobilisée aux côtés de ses adhérents pendant toute la durée de l’enquête et continuera à soutenir les initiatives visant à garantir l’efficacité des mesures européennes de défense commerciale.
Un dossier à suivre pour l’industrie européenne du contreplaqué
L’enquête ouverte par la Commission européenne constitue désormais une nouvelle étape dans le dossier du contreplaqué de feuillus en provenance de Chine.
Son issue permettra de déterminer si les produits concernés relèvent effectivement d’un mécanisme de contournement des droits antidumping et, le cas échéant, quelles conséquences tarifaires devront être appliquées.
Pour les producteurs européens de contreplaqué, l’enjeu reste celui d’un marché fondé sur trois principes mis en avant par l’UIPC : commerce ouvert, concurrence loyale et défense de l’industrie européenne.








