Le matériau contreplaqué se décline en une multitude de panneaux qui présentent des caractéristiques particulières. Ces particularités résultent d'une savante alchimie entre les performances technologiques conférées au panneau par le process industriel et l'essence de bois utilisée. Pour autant le process industriel, pour performer et être à même de garantir  la fiabilité des contreplaqués fabriqués, doit être optimisé sur l'ensemble des étapes de fabrication. Cette optimisation passe par la spécialisation de la ligne de production sur une seule essence de bois. En France, trois essences sont majoritairement utilisées pour la fabrication du contreplaqué brut : l'Okoumé, le Peuplier, le Pin Maritime.

L’okoumé

L’okoumé

Zone d’approvisionnement : Gabon, Congo et Guinée Équatoriale

L’okoumé est une essence de bois tropicale, majoritairement récoltée dans le bassin du Congo (Gabon , Congo et Guinée Équatoriale). Les industriels français s’approvisionnent quasi exclusivement au Gabon, un partenaire historique particulièrement exigeant en termes de gestion durable de sa ressource forestière. C’est à partir de cette essence que les premiers contreplaqués français ont été fabriqués au début du XX° siècle. A l’époque, il s’agissait de valoriser les ressources et l’okoumé présentait les propriétés idéales pour un matériau résistant et léger. Depuis, le Gabon a construit son indépendance en développant ses relations avec la France et l’Europe, notamment à travers le co-partenariat avec les industriels. Notons que la préservation de la ressource forestière n’est pas un vain mot au Gabon : le Plan Gabon Emergent en est une des expressions (voir rubrique Aspects environnementaux).

Le peuplier

Le peuplier

Zone d’approvisionnement : ressource localement disponible (France)

Le peuplier est une essence à croissance rapide, que l’on trouve abondamment sur le territoire. Intérêt pour la fabrication du contreplaqué, il présente une excellente aptitude au déroulage. Le peuplier est à l’origine du développement de l’industrie du déroulage, et notamment pour la fabrication des emballages légers. L’industrie du contreplaqué s’est concentrée en Poitou-Charentes, pour deux raisons : les nombreuses plantations de peupliers présentes dans le Marais Poitevin et la proximité avec le Port de la Palisse.
Léger et présentant une couleur blanche caractéristique, le contreplaqué de peuplier est plus généralement utilisé dans l’emballage ou l’agencement, bien que l’évolution des technologies lui ouvre des portes vers les utilisations en extérieur (voir NF contreplaqué EXTERIEUR CTB-X).

Le pin maritime

Le pin maritime

Zone d’approvisionnement : ressource localement disponible (France)

L’utilisation de pin maritime pour la fabrication de contreplaqué remonte aux années 1970.
Le ratio performances/poids typique des résineux destine tout particulièrement ce type de contreplaqué aux applications structurelles dans le bâtiment (contreventement dans les maisons à ossature bois, planchers porteurs, poutres en I…). On le retrouve aussi dans l’industrie de l’emballage industriel et la caisserie.

Usiné façon lambris, il est utilisé en habillage intérieur de parois et sa bonne résistance aux attaques biologiques permet son utilisation en bardage.

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RBUE et légalité

En Europe, la mise sur le marché de bois ou produits à base de bois est soumise au Règlement sur le Bois de l’Union Européenne (RBUE) applicable depuis le 3 mars 2013. Ce règlement vise à bannir du marché communautaire le bois et les produits dérivés issus d’une récolte illégale.

En conséquence, les entreprises européennes ont l’obligation d’apporter la preuve (procédure de « Due Diligence ») de la légalité des bois qu’ils mettent sur le marché et de développer un système de traçabilité sans faille. Ces exigences s’appliquent à tous les bois et produits à base de bois, quelle que soit leur provenance (locale ou d’importation).

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Essences locales

Les forêts françaises offrent une ressource abondante et renouvelée aux industriels du contreplaqué, aussi bien en résineux (avec le pin maritime) qu’en feuillus (avec le peuplier, qui fut la première essence déroulée). Pin maritime comme peuplier sont en grande majorité issus de plantations éco-certifiées, garantissant une gestion durable des forêts.

D’autre part, les transports entre cette ressource et sa transformation sont réduits à leur minimum puisque les usines sont implantées à proximité de leur ressource principale afin de mieux contrôler la chaine d’approvisionnement (l’échelle maximale étant en général la région : Aquitaine et Poitou-Charentes).

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Essence exotique

Au-delà des essences locales, les fabricants français mettent en œuvre une essence exotique, l’okoumé, provenant majoritairement du Gabon. Cette essence, particulièrement appropriée à la fabrication de contreplaqué, représente un quart de la ressource forestière gabonaise (estimée à 22 millions d’hectares). Il se renouvelle par auto-régénération, ce qui va de pair avec une exploitation raisonnée de la ressource. Cette exploitation est donc soumise à des règles extrêmement strictes, qui ont été pionnières en matière de gestion durable du patrimoine forestier.

Une phrase résume à elle seule cette gestion exigeante : 1 arbre prélevé par hectare, tous les 20 ans…